Mon idée du mosaïque
par Grégory
Cam
ODM Octobre 98
gregorycam@hotmail.com
"Lignée mâle", ce seul terme irrite certains éleveurs mais d’autres restent convaincus de l’intérêt de ces fameuses lignées. Après tout, pourquoi n’y aurait il qu’une seule façon de travailler les mosaïques : la voie royale qui consisterait à accoupler des oiseaux proches du tarin rouge avec la meilleure catégorie possible dans les deux types ? Ceci ne veut pas dire que l’apport de tarin soit sans intérêt, bien au contraire, l’utilisation d’issus de tarin (F1, F2, R1,R2,...) pour améliorer la tonalité du lipochrome rouge n’est plus à démontrer et leur utilisation est aujourd’hui monnaie courante dans l’élevage du mosaïque rouge, que ce soit en lipochrome ou en mélanine.
Revoyons tout d’abord quelles sont les qualités qui font un bon mosaïque, du point de vue du standard :
Caractères essentiels aux bons mosaïques :
- Une tête bien ronde qui fera ressortir le masque chez le mâle
- La présence de "joues" qui harmoniseront la forme de la tête, créant ainsi un axe longitudinal derrière l’oeil où s’exprimera le lipochrome chez la femelle. L’intérêt est d’avoir ainsi un trait de l’oeil bien horizontal.
- Des épaules bien décollées du corps feront ressortir le lipochrome par rapport au manteau. En effet, on ne voit que trop souvent des mosaïques aux épaules bien intenses mais "enfoncées", recouvertes sur les contours par des plumes du manteau, réduisant ainsi l’effet de contraste.
- La présence du facteur "optique" qui fera ressortir l’intensité du lipochrome et celle du facteur "craie" qui donne au manteau un aspect blanc opaque, lumineux et soyeux.
Parlons lignées...
Considérons les lignées dites " à faire des mâles" en lipochrome mosaïque. On arrive aujourd’hui à produire des femelles masquées qui feraient concurrence à certains mâles en concours. Et les Italiens ont déjà me semble t-il, pris les devants en faisant juger dans leur concours du "Club del Mosaico" les femelles des lignées mâles et les mâles des lignées femelles. A méditer...
Si on lit les fiches de jugement de ces fameux oiseaux ( ODM Décembre 96 ) et plus particulièrement la rubrique "masque" des femelles de lignée mâle, on remarque qu’il y est exigé un masque complet, y compris sous le bec. Je pense qu’il ne faut pas se leurrer, ces oiseaux existent et sont utilisés par de nombreux éleveurs, y compris les plus grands ! Et pourquoi seraient ils utilisés s’ils n’amélioraient pas la catégorie dans chaque lignée ?
Le seul inconvénient est que chaque lignée ne permet de sortir qu’un seul type de qualité : le mâle ou la femelle, mais jamais les deux. Et je ne pense pas qu’il y ait lieu de s’en faire quant à l’avenir de la femelle mosaïque, car en parallèle des lignées mâles on trouve les lignées femelles et l’éleveur consciencieux qui voudra sortir aussi bien en mâles qu’en femelles en concours, aura les deux lignées, soit deux souches distinctes.
Et à l’instar du monde qui ne s’est pas fait en un jour, un tel travail, quoique commencé par un certain nombre d’éleveurs, demande encore du temps. Car c’est à force de sélectionner les plus masquées des femelles qu’on arrive progressivement à élargir la zone d’élection céphalique de ces femelles jusqu’à l’obtention de masques complets. Et ceci est loin d’être une utopie, on arrive déjà couramment à avoir des femelles avec un front lipochromique non coupé, du lipochrome qui descend vers les joues et un dessous de bec également coloré, soit une réelle ébauche de masque !
A ce que j’ai pu constater sur mes oiseaux, il n’y pas de dérive dans la plume, ni de kystes et les épaules sont très lumineuses à l’instar du croupion pour un maximum de sujets. Le dos et le ventre sont très blancs par rapport aux fameux mâles, très rouges, des lignées mâles.
Encore une fois, certains parleront de dérive du type mosaïque originel basé sur le dimorphisme sexuel, mais pourquoi s’arrêter là ? Toutes les couleurs que nous avons aujourd’hui ont été créées artificiellement par sélection vers tel ou tel type de sujet.
Caractéristiques des femelles de lignée mâle et accouplements :
- masque le plus développé possible.
- présence de lipo sous et sur le bec (front très marqué).
- manteau blanc crayeux.
- poitrine très marquée.
- intensité maximale des épaules.
Le mâle a souvent un masque pas assez important et non spectaculaire : il faut donc agrandir ce masque avec une femelle qui a une ébauche de masque avec toujours un lipochrome intense et un manteau crayeux.
Dérive du type mâle :

Mâle typé X femelle masquée, et là vous aurez de très bon mâles.
X
FemelleCaractéristiques des mâles de lignée femelle et accouplement :
- masque réduit au minimum.
- pas de lipochrome sous le bec.
- lipochrome frontal coupé.
- lipochrome de la poitrine très réduit.
- pas de branches de lunettes qui allongeraient le trait oculaire des issus femelles.
La femelle a souvent un trait de l’oeil trop large, trop long ou qui vient en avant de l’oeil : il faut donc réduire la zone d’apparition du lipochrome en l’accouplant avec un mâle au masque bas, coupé, réduit à son minimum mais toujours avec un lipochrome intense et un manteau crayeux.
Dérive du type femelle :

Mâle au masque
réduit X femelle typée : cet accouplement permet
d’obtenir de très bonnes femelles.
X
Mâle
NB : On remarquera la ressemblance entre un mâle à faire des femelles et une femelles à faire des mâles, mais il s’agit bel et bien d’oiseaux de sexe différent.
Ainsi je pense, mais ceci n’engage que moi, que cette façon de travailler les mosaïques n’est pas une solution de facilité mais une autre voie qui ne doit pas être laissée de côté, et c’est l’avenir qui donnera raison à telle ou telle méthode voire les deux. Car si toutes les routes mènent à Rome, peut être y a t-il plusieurs chemins qui mènent au type mosaïque parfait. Et il n’y a pas lieu, aujourd’hui, de restreindre notre champs de travail, il y a encore tant de choses à découvrir en canariculture...