Le Canari Noir Opale

    Souvent considéré comme la "bête à chagrin" des éleveurs, le canari Noir Opale reste toutefois l'une des plus belles couleurs ! Trop souvent délaissé, la tendance s'inverse et on commence à l'élever de plus en plus en France comme en Italie.

    1° - Un oiseau magnifique, pourquoi ?

        C'est l'absence de brun dans l'interstrie qui va donner à la couleur sa pleine expression : de magnifiques stries noir-bleuté sur une interstrie gris-bleuté. Le contraste est spectaculaire ! Et spécialement lorsqu'on arrive à obtenir une excellente oxydation du bec et des pattes. Il faut toujours rechercher une expression maximale du noir (en veillant bien à conserver le facteur bleuté !), éviter les stries fines et bien veiller à la présence de celles ci sur les flancs et en poitrine.




    2° - Un oiseau difficile, pourquoi ?

     En tout premier lieu, viennent les problèmes de plume rencontrés depuis toujours chez ces oiseaux. En effet, lorsqu'on arrive à une certaine intensité "limite" d'oxydation, les scapulaires ont tendance à "friser", ce qui en fait des oiseaux "non-exposables" ! Et même si un très gros travail a été fourni pour améliorer la plume des Noirs Opales ces dernières années par les plus grands éleveurs (Marc Boccara, Didier Biau,...), les problèmes persistent chez les oiseaux les plus oxydés (et donc les meilleurs...).
 
    Vient ensuite l'oxydation des parties cornées (bec et pattes) et celle du manteau, qui vont rarement de pair... En effet, on trouve deux types de Noirs Opales dans les concours : ceux qui ont le bec et les pattes "super oxydés", noirs mais avec un manteau peu marqué, clair.... puis ceux qui ont des pattes et un bec clairs, avec un manteau très noir, très bien marqué. (ce dernier type a ma préférence, ne juge t'on pas des canaris couleurs ? la plume est plus importante que le bec et les pattes !). Les oiseaux à avoir les deux sont rares, très rares...

    On pourrait penser alors, croiser ces deux types d'oiseaux pour essayer de capturer les qualités de chacun ; mais cela ne donne quasiment jamais le résultat escompté ! Ce serait trop facile !

    3° - Le Noir Opale dans les concours

     On retrouve peu de Noirs Opales dans les concours, le plus souvent dans les catégories mosaïques. Avec d'excellentes souches françaises de noirs opale jaune mosaïques (Boccara, Biau,...) mais aussi de noirs opale rouges mosaïques (Desaegher, Millon,...). Ensuite, quelques trop rares noirs opales blancs et jaunes.
    Le grand absent des expositions et concours est bien sûr le Noir Opale Rouge, sans parler des fonds ivoire... c'est bien dommage...
 
 
 
 

    4° - Le Noir Opale et les accouplements

    Evitez de les croiser avec des bruns, des agates ou des isabelles : cela n'apporte rien à la striation et encore moins à la mélanisation... Les seuls accouplements intéressant sont les retours aux excellents noirs classiques, encore faut il en trouver, comme par exemple chez les verts mosaiques ! Sinon, le travail se fait essentiellement Noir Opale x Noir Opale (homozygotes), cela ne pose aucun problème. La plume n'en est pas moins bonne et vous n'aurez pas la mauvaise surprise de trimbaler des facteurs récessifs pendant x générations. (c'est toujours déplaisant de voir sortir des femelles brunes ou agates après 5 ou 6 ans...).

Personnellement, je ne travaille que Noir Opale x Noir Opale; et les meilleurs issus, d'après ma modeste expérience, je les obtins avec :

Noir Opale à stries larges    X    Noir Opale à stries fines

mais oxydation moyenne                                très noires

A vérifier auprès des grands maîtres de cette couleur...

Conclusion
Ainsi, le Noir Opale apparait bel et bien comme un oiseau d'exception : magnifique et difficile. Mais après avoir été boudé des éleveurs durant de trop nombreuses années, il refait surface dans les concours. Gageons que dans l'avenir, ce sera l'oiseau incontournable des concours et que le concurrence y sera rude.